Il y a déjà 2 jours, était annoncé le deuxième remaniement ministériel de la présidence de Nicolas Sarkozy. Si celui-ci a beaucoup fait débat entre la gauche et la droite, tant concernant le congrès de Versailles que sur les nouveaux noms, il est normal de voir quel est le but de ce remaniement, et d'en déduire les conséquences politiques pour l'avenir du travail gouvernemental.
Partie 1 : Un large remaniement :
Beaucoup de changements pour ce gouvernement « Fillon III ». En effet, ce remaniement se faisait attendre au moins pour remplacer les deux nouveaux élus lors des récentes élections européennes du 7 Juin dernier : Michel Barnier (ministre de l'agriculture et de la pêche) et Rachida Dati (Ministre de la Justice). Mais ce remaniement fut plus compliqué.
Les nouveaux venus :
-Frédéric Mitterrand devient Ministre de la Culture aux dépend de Christine Albanel (qui quitte le Gouvernement). C'est bien sûr l'annonce qui a fait couler le plus d'encre. Tout d'abord, il est logique de voir que ce ministère change de ministre, puisque Christine Albanel n'a pas réussi a mener son principal projet à bien, qui était de trouver une solution pour pouvoir faire entrer en vigueur la loi HADOPI. Ensuite, le nom de Frédéric Mitterrand créer la polémique : il est vrai que cela peut ressembler à un coup de publicité sémantique basé sur le nom de Mitterrand, car si l'on convoque le neveu (Frédéric), c'est un peu pour invoquer l'oncle (François) qui fut Président de la République Française 14 ans durant. On peut donc se dire : « tient encore quelqu'un de cultivé », ou encore « tient, encore de l'ouverture ». Bien sûr, pour être ancien président de la Villa Médicis, il est indéniable d'avoir acquis un savoir conséquent, et une connaissance du monde culturel, mais disons que cela tombe bien, dans la mesure où Frédéric Mitterrand est complètement en dehors de la scène politique, ce qui aurait justifié un choix plus rationnel, d'une personne plus présente et connaisseuse du monde politique. Et puis, Mitterrand, cela sonne « gauche », mais pour Frédéric (qui fut au Parti Radical de Gauche dans les années 1980), cela résonne « droite » puisqu'il a soutenu Jacques Chirac durant les élections présidentielles de 1995
-Michel Mercier, Sénateur de L'Union Centriste, devient le ministre de l'aménagement du territoire (nouveau ministère créé à l'occasion). Ce nouveau venu n'est autre qu'un « ressortissant » du MoDem de François Bayrou, qui est d'ailleurs actuellement critiqué à l'intérieur de son propre parti pour sa mauvaise gestion et sa campagne européenne trop virulent et trop anti-sarkozyste.
-Henri de Raincourt, ancien Président du Conseil Général de l'Yonne et Sénateur UMP de Bourgogne, devient Ministre délégué aux relations avec le parlement, remplace Roger Karoutchi, ancien secrétaire d'état chargé des relations avec le parlement (à savoir que le statut pour cette fonction est plus haute, puisque l'on remplace un secrétaire d'état, membre du gouvernement en cas de besoin, par un ministre délégué, membre permanent du gouvernement).
-Christian Estrosi, député et conseiller politique UMP, devient ministre de l'Industrie, à la place de Luc Chatel : vers un plus grand intérêt envers notre industrie qui s'envole ? Peut-être, mais non seulement c'est un peu tard, et puis si le gouvernement s'était vraiment intéressé à notre industrie qui s'en va en Chine, la décision d'instaurer une protectionnisme européen aurait été prise depuis fort longtemps (si l'on peut encore décisé nous même de cela sans avis contraire de Bruxelles).
-Pierre Lellouche, député UMP, devient Ministre des affaires européennes, qui était auparavant un secrétaire d'état sous tutelle du ministère des affaires étrangères. Un regain d'intérêt d'intérêt pour l'Europe ? Peut-être, mais la contrariété s'installe, car Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand s'étaient déclaré contre l'entrée de la Turquie dans l'Européenne, alors que le tout nouveau ministre sus-mentionné est favorable à une telle intégration.
-Nora Berra, conseillère municipale UMP, devient secrétaire d'état chargé des aînés, sous la tutelle du ministère du travail. Il est étonnant de voir que cette femme entre au gouvernement alors qu'elle vient à peine d'être élue lors des dernières élections européennes le 7 Juin dernier dans la circonscription Sud-Est.
-Benoist Apparu, Député UMP, devient secrétaire d'état chargé du logement et de l'Urbanisme, remplaçant alors Christine Boutin, ancienne ministre du Logement et de la Ville. Vers un abaissement du budget accordé au logement ? Possible. Un désintérêt ? Quasi-certain : les Don Quichotte n'ont pas encore replanté leurs tentes sur le canal St Martin, et les prix de l'immobilier sont encore en légère baisse.
-Marie-Luce Penchard, secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'Outre-Mer, et très connaisseuse, puisqu'elle originaire du milieu, devient Secrétaire d'état chargée de l'Outre-Mer, en remplaçant Yves Jégo, qui n'a pas vraiment sût géré les manifestations antillaises du début d'année (et dont les Etats Généraux ne sont pas une franche réussite, dans la mesure où la situation économique est toujours très difficile sur place).
Donc beaucoup de nouveaux venus remplaçent des ministres en perte de vitesse, ou n'ayant pas sût gérer certains dossiers importants, mais qu'en est-il des remaniements inter-ministériels ?
Les changements de postes :
-Michèle Alliot-Marie passe du ministère de l'intérieur au ministère de la justice, pour remplacer Rachida Dati, qui non seulement, est élue au parlement européen, mais qui, plus simplement, est remplacée par le fait qu'elle n'a sût se faire accepter du monde judiciaire, et qu'elle eut le plus grand mal à faire accepter les lois plus répressives pénalement, ainsi que de réelles difficultés à gérer le problèmes des prisons.
-Brice Hortefeux, ancien ministre de l'immigration et du Travail devient ministre de l'Intérieur : c'est déjà son troisième poste ministériel en 2 ans, mais il semble que s'il a respecter la politique entreprise au premier ministère, il a éprouvé plus de mal a instauré un vrai dialogue entre lui et les leaders syndicaux (il faut dire que Xavier Bertrand avait un plus grand sens du consensus) en particulier lors des grandes manifestations de Janvier et de Mars. Ce poste semble mieux convenir à Brice Hortefeux, qui remplace Michèle Alliot-Marie.
-Xavier Darcos : très populaire au début de la législature en tant que ministre de l'Education Nationale, la déconfiture se fit sentir au fur et à mesure du temps qui passait, là encore le ministre éprouvait une certaine difficulté à conduire la politique, ou du moins à la faire accepter, à l'argumenter, à la faire passer comme absoluement nécessaire. D'ailleurs, les idées allaient de mal en pis, passaient toujours plus dans l'opinion pour des rustines : la masterisation des IUFM, puis les médailles pour le baccalauréat, la semaine des quatre jours, la reformation des programmes : tout un tas de mesures qui ne s'attaquaient pas assez au fond, et ne faisaient l'unanimité ni chez les parents ni chez les enseignants.
-Luc Chatel, Ministre de l'Industrie, devient Ministre de l'Education Nationale, pour « mettre du sang neuf », à savoir qu' il est et reste Porte -Parole du Gouvernement.
-Rama Yade, secrétaire d'état aux droits de l'homme, devient secrétaire d'état aux sports (sous la tutelle de la Ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot. Son premier poste disparaît, et elle remplace Bernard Laporte, qui ne retrouve pas de ministère.
-Bruno Le Maire, ancien secrétaire d'état aux affaires européennes, devient ministre de l'alimentation, de l'agriculture et de la pêche, à la place de Michel Barnier, élu député européen. Ce nouveau poste pour ouvrir nouveau dialogue avec les producteurs mécontents, notamment sur le lait actuellement, ou encore avec les producteurs fruitiers, agriculteurs, ou pêcheurs, qui connaissent avec la crise des situations bien difficiles.
Donc ce gouvernement nouveau est fortement remanié, pour donner un nouveau souffle à la politique actuelle ? Pour changer dans l'approche politique de la conjoncture de crise actuelle ? Pour faire parler les bavards ? Pour ne pas parler d'autres choses ? Un peu tous cela probablement.
Sources :
-Wikipedia.org.
-France2.fr.
Rémi Decombe.

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