Un cercle vicieux européen :
En ligue des champions, les clubs français ne brillent pas souvent. Ce constat est le même depuis la création de la ligue des champions (sous le nom de Coupe de Club Champions en 1955). Il y a bien eu quelques finales (deux pour Reims, deux pour Marseille et une pour Monaco) et une victoire (celle de Marseille en 1993 contre le Milan AC), mais les clubs français restent mal placés dans le classement européen du palmarès pour cette compétition (aussi bien par nation que par club). En effet, l’Espagne (avec 10 victoires), l’Angleterre (également 10 victoires), l’Italie (9 victoires), l’Allemagne (5 victoires), les Pays-Bas (4 victoires) et le Portugal (3 victoires) dépassent tous la France avec sa victoire. Il faut bien dire que cette tendance ne s’est pas arrangée ces dernières années, les français ne dépassant pas les quarts de finales depuis l’épopée monégasque de 2004 (qui s’est malheureusement terminée par une lourde défaite 0-3 en finale contre le FC Porto). D’où vient cette malchance de la C1 ? Il y a un facteur principal. Les clubs français ne disposent pas d’aussi bons effectifs que leurs homologues européens. Cela est dû au fait que les budgets des clubs français sont beaucoup moins importants que les celui des autres grands clubs européens, et également au fait que les salaires des joueurs de clubs français sont plus taxés que dans les autres clubs européens (ce qui fait que les salaires sont moins attractifs qu’ailleurs). C’est à cause de cela que les clubs français, non sans joueurs talentueux, ont beaucoup de mal à retenir leurs jeunes joueurs, qui partent [trop] tôt vers les grands clubs européens. Dernier exemple en date : Karim Benzema, qui partait de Lyon pour le Real Madrid. Ainsi, les clubs français renouvèlent plus souvent leur effectif sans pouvoir construire sur la durée. Il faut dire que les dirigeants sont parfois impatients. Aussi, les français n’attirent qu’insuffisamment les talents étrangers à cause justement du manque de prestige au niveau européen (les clubs français n’ayant que peu de palmarès continental). Aussi, il est difficile d’attirer des joueurs en France alors que les salaires y sont moins élevés. Ainsi, la France représente plus une régression qu’une progression dans la carrière d’un joueur européen, voir une fin de carrière.
Le championnat de France semble alors piégé dans un cercle vicieux européen qui ne nous rapporterait des coupes aux grandes oreilles qu’occasionnellement. Faut-il s’y résigner ?
Les clubs français cette année :
Cette année, au tirage au sort des poules de la ligue des champions, beaucoup présageaient (encore) une année difficile pour nos clubs français. Il faut dire que Lyon, Bordeaux et Marseille ne sont pas tombés dans des poules faciles : entre la poule serrée de Lyon (Fiorentina, Liverpool, Debrecen), la poule de ténors pour Bordeaux (Bayern Munich, Juventus Turin, Haïfa) et la poule de géants pour Marseille (Real Madrid, Milan AC et Zurich), difficile de voir positivement cette année européenne 2009-10. Et pourtant, les français, après trois journées sur six sont toujours en course pour la qualification en huitième de finale. Même si cela sera difficile pour Marseille (qui n’a que trois points) l’espoir est encore tout à fait envisageable pour les deux autres. En effet, Lyon a obtenu neuf points sur neuf possibles avec une victoire de prestige à Anfield contre Liverpool (1-2). Premier de son groupe, le club rhodanien serait presque qualifié en cas de nul contre Liverpool à Lyon et serait assuré d’être qualifié en cas de victoire. Il ne faudrait cependant pas se relâcher afin d’obtenir une première place qui assurerait à Lyon un adversaire moins difficile en huitièmes et un match retour à domicile. Du côté bordelais, l’espoir est tout aussi grand. En effet, Bordeaux a poursuivi sa marche forcée entamée la saison passée par un titre de champion de France. Les girondins sont allé chercher un point à Turin (1-1), ont battu le Maccabi Haïfa et le Bayern Munich (un 2-1 qui aurait pu finir en 4-1 si deux penaltys n’avaient pas été manqués !). Ainsi, avec sept points, les girondins ont fait plus de la moitié du chemin vers les huitièmes de finale et ont de grandes chances.
Au-delà de ces bonnes performances, ce sont les adversaires battus qui permettent d’espérer : Liverpool et Munich. Ce n’est pas rien même si ces clubs n’étaient pas au meilleur de leur forme. Cela permet à Lyon et Bordeaux d’avoir un match référence, leur conférant un certain prestige, une reconnaissance et montrant qu’ils sont au niveau des grands européens cette année. Nos n’ont donc pas de raison de faire un complexe d’infériorité cette année, qui leur aurait mis la pression dans des grandes rencontres.
Il est tôt pour parler d’une victoire finale, mais on peut espérer un parcours pour nos clubs cette année en ligue des champions.
Pronostics :
Marseille : 3ème de son groupe : repêchée en Europa League.
Lyon : 1er de son groupe : qualifié pour les huitièmes.
Bordeaux : 2ème de son groupe : qualifié pour les huitièmes.
Vincent Decombe










